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Survivre à novembre

"Novembre m'a toujours semblé être la Norvège de l'année." - Emily Dickinson

Nous sommes à la mi-novembre et étrangement, certaines feuilles s'accrochent encore désespérément aux branches des arbres. Elles résistent à quitter ce point de vue qui voit naître le jour. Je suis un peu comme elles - je m'accroche à l'idée des beaux jours qui n'ont pas existé.


Pour moi, novembre c'est un film: Jacques et novembre. Réalisé en 1984 par Jean Beaudry et François Bouvier, il raconte l'histoire d'un homme qui filme le dernier mois de sa vie. Tout au long du récit, il s'approche au plus près des siens pour apprendre à se détacher. Je n'ai jamais revu ce film, et pourtant, j'ai encore en moi l'émotion de ces amours ordinaires qu'il faut apprendre à quitter.


Ce mois triste, c'est aussi une chanson, celle des Colocs et de Dédé Fortin: Dehors novembre.

" Ces derniers jours, j'ai dû vieillir de 4000 ans. En visitant des vieux souvenirs dont chu pas fier. Pour faire la paix avec ses regrets, ça prend du temps. J'me r'trouve cent fois plus fatigué. Trop fatigué mais moins amer."

C'est beaucoup ça novembre, de la fatigue qui se répand sur le plancher. Peut-être aussi un vague sentiment d'avoir aimé et de devoir laisser aller... puis, recommencer.


Dans son livre "À boutte", Véronique Grenier explore nos fatigues ordinaires, celles de nos vies numériques, de l'information, de la parentalité, de nos luttes, de soi-même. Cette peur que l'on a du vide. Elle se demande "que faire de nos fatigues?" La réponse n'est pas simple, mais elle propose l'apaisement. Ne pas lutter contre elle et se réconcilier avec sa présence dans nos vies.


Enfin, c'est peut-être aussi ça novembre, apprendre à s'apaiser... un peu.








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