Le pont de dentelle

Dernière mise à jour : 21 août 2019

"La meilleure façon d’affronter les grands vents est de n'opposer aucune résistance".


C’est ainsi qu’a été conçu le pont suspendu Mackinac qui enjambe les lacs Michigan et Huron ; des lacs vastes comme des mers se jetant à corps perdu dans le grand fleuve. Au-dessus des eaux troubles, les câbles et les ancrages s’entrelacent comme de la dentelle, délicat et fort à la fois. Lorsqu’on le regarde de loin, il semble se laisser porter par les vagues.


Ce pont entre deux rives a existé bien avant d’être bâti. Des tribus autochtones s’y retrouvaient pour échanger avant l’arrivée des européens. Lorsque ces derniers sont débarqués, d’abord les Français et ensuite les Britanniques, les échanges se sont poursuivis mais les conflits n’ont pas tardé ; le pouvoir vient toujours à bout de la bonne volonté. Conquis, tu as été ; conquis, tu le resteras.


Il y a tellement de ponts qui tombent entre nous par méprise, par mépris. Dentellière, j’aimerais être. Avec patience, j'entrelacerais les fils d’Ariane en forme d’étoiles filantes et fabriquerais des vœux. Mais, on ne fait plus dans la dentelle. La délicatesse, n’est plus à la mode, la patience non plus.


Le vent a tourné et la flamme de la bougie vacille. On ferait mieux d’aller sur le pont de dentelle et sortir nos cerfs-volants et comme à Kaboul, les laisser voler plus haut, toujours plus haut.






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