Il pleuvait des larmes

La salle était sombre et petite. Tous les sièges étaient presque occupés et nous dûmes nous résoudre à nous assoir à l'avant, beaucoup trop près du drame. Dès les premières images, j'ai senti que j'allais être happée émotionnellement.


Il y eut d'abord le paysage qui devint un pays en lui-même. Un pays où les frontières humaines n'existent que dans nos têtes et où les lois immuables et non écrites de la nature ne sont pas contestées si ce n'est qu'à vos propres risques et périls. Mais, le feu couve dans le sous-bois sans cesse prêt à vous rappeler la temporalité de toute chose.


Puis, viennent les personnages isolés du reste du monde comme des animaux blessés ne faisant qu'exister. On s'imagine toujours pouvoir se suffire à soi-même, mais nous ne sommes jamais suffisamment suffisants. Le monde est un monde commun, comme disait Heidegger, on ne peut jamais complètement s'en retirer. Et, toujours cette folle envie d'être présent à nouveau pour quelqu'un, de toucher sa peau, de se laisser flotter sur l'eau.


Il y a l'art aussi; des tableaux peints pour dissiper la douleur et la musique, jouée pour donner un sens à sa vie. Et enfin, ce courage de décider par soi-même du moment et du comment de la fin. La mort comme ultime possibilité.


Je sens comme de la poussière qui tombe du plafond directement dans mes yeux. Je ne vais quand même pas éclater en sanglot au milieu d'inconnus. Je combats cet embarrassent, mais je le sens, je ne suis pas la seule. Mais, la digue tient le coup et les oiseaux se remettent à chanter.


Il pleuvait des oiseaux, un film de Louise Archambault basé sur le magnifique livre de Jocelyne Saucier







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